En 1952, au plus fort du maccarthysme, le visa américain de Charlie Chaplin a été révoqué. Il trouve refuge avec sa famille en Suisse, au Manoir de Ban, où il passera les 25 dernières années de sa vie.
Ce dimanche 18 janvier, la chaîne culturelle ARTE diffuse en avant-première un nouveau documentaire dans sa série Maisons d’Art, produit par Zentralfilm et réalisé par Sascha Schmidt, consacré à Charlie Chaplin et au Manoir de Ban.
Le Chaplin Office a contribué au film avec des archives inédites, et le documentaire présente également des interviews d’Eugene Chaplin, Arnold Lozano (Chaplin Office), Olivia Baliguet (Chaplin’s World) et d’autres.
Initialement publié en italien par la Cinémathèque de Bologne en 2020, cet ouvrage présente pour la première fois aux lecteurs anglophones l’ultime film de Chaplin, un projet inachevé qui intrigue depuis longtemps les fans du cinéaste.
Chaplin a imaginé The Freak en 1968-1969, peu avant son quatre-vingtième anniversaire, et a écrit le scénario à une vitesse remarquable. Tout en recherchant des financements, lui et le producteur Jerry Epstein ont engagé des designers, produit des storyboards et exploré des effets spéciaux pré-CGI, notamment le prototype des ailes destinées à l’actrice principale, la fille de Chaplin, Victoria, qui sont aujourd’hui exposées au musée Chaplin’s World en Suisse.
Victoria se remémore :
“Il a scruté pendant des heures, des semaines, des mois, les mouvements des vols d’oiseaux, la
mécanique organique. Il avait visionné des films dans lesquels il y avait des humains, hommes,
femmes, qui volaient.
Mais la technique elle, n’était pas satisfaisante. Il voulait trouver une méthode à lui, artisanale, personnelle, qui pouvait traduire l’impression de voler, au cinéma.
Je pense d’ailleurs qu’il l’aurait trouvé.
Mais le temps a suspendu son vol. Charlie Chaplin n’a pas pu réaliser son projet.
Les milans, les goélands, les mouettes, les corbeaux du canton de Vaud en savent quelque chose.
Peut-être qu’ils ont gardé de leur vivant un vague souvenir de cet homme qui les surveillait avec
un regard amoureux.”
Écrit par David Robinson et mené à bien en grande partie grâce à Kate Guyonvarch, ainsi qu’à l’engagement et à l’expertise de longue date de notre partenaire, la Cinémathèque de Bologne, cet ouvrage s’appuie sur une mine de documents conservés dans les archives Chaplin.
Il s’agit non seulement de la toute première publication d’un scénario inédit de Chaplin, mais aussi d’un témoignage du rôle crucial joué par le Bureau Chaplin et la Cinémathèque de Bologne dans la préservation et la mise à disposition des trésors archivistiques de Chaplin, avec le soutien de la famille Chaplin.
Pour celles et ceux qui l’auraient manqué : ARTE diffuse en streaming le documentaire Chaplin et “Les temps modernes”, la voie du silence consacré au tournage du film Les Temps modernes de Charlie Chaplin.
Chaplin et “Les temps modernes”, la voie du silence est disponible jusqu’au 29 novembre sur Arte.tv ou sur YouTube.
Réalisé par Grégory Munro et coproduit par Temps Noir et ARTE, le documentaire explore la transition du cinéma muet au cinéma parlant à partir de l’exemple des Temps modernes. En 1936, près d’une décennie après l’avènement du cinéma parlant, Chaplin a courageusement défié la tendance en sortant un film qui faisait la part belle au jeu des acteurs et à une conception sonore inventive, plutôt qu’à la parole.
Réalisation : Grégory Monro|France|2024|55 min|Disponible en ligne jusqu’au 29/11/2025